Témoignage d’une femme victime d’un conjoint pervers narcissique

Témoignage d’une femme victime d’un conjoint pervers narcissique (interview visage caché)

Source : Emission « Allo docteur » sur France 5 du 19 mars 2010en présence de Pascal Couderc, psychologue-psychothérapeute, et de la présidente de l’Association d’Aide aux Victimes de violences psychologiques.

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Il s’est présenté là sur mon chemin comme le prince charmant, c’était le messie, il avait les réponses à tous les problèmes. C’était l’homme parfait. Donc je suis vite tombée sous son charme . Je n’avais pas conscience que des gens comme ça pouvaient exister, et.. j’ai plongé. Le processus est venu vraiment insidieusement, tout doucement.

Ça commence par des remarques, des reproches : « T’es pas à la hauteur.. Je suis quelqu’un d’exceptionnel. Tu dois tout accepter de moi. » Il partait dans des discours interminables qui pouvaient durer des heures et des heures. J’en sortais K.O à chaque fois. Et puis tout doucement, on culpabilise : on se dit ; « ah bon, je suis vraiment cette personne ben indigne, nulle, je suis incapable de faire quoi que ce soit de bien et oui, on se laisse engouffrer, puisque c’est lui le meilleur, « il a raison ». Il pousse à bout, et puis après, il me fait passer pour une dépressive, une hystérique aux yeux des autres, car il ne se comporte pas du tout de la même façon à huis clôt qu’en société. En société, c’est l’homme parfait : le séducteur, le charmeur.

Je suis quelqu’un qui a plutôt beaucoup de caractère et qui n’est pas du genre à me la boucler ni à me laisser faire, c’est pas mon style. Mais oui, il a su me casser : il vous « vide », il vous « lobotomise ». J’ai menacé de la quitter à plusieurs reprises, mais il me disait : « Si tu t’en vas je vais te détruire, je vais t’anéantir », ou « Avec mon fric je vais prendre les meilleurs avocats de Paris » et moi à l’époque sous son emprise, j’étais vraiment en état de frayeur : j’y croyais.

Si j’ai réussi à m’en sortir et on peut s’en sortir, il faut avoir la volonté, c’est … sortir de sa peau de victime, c’est tout-à-fait possible. Par contre, il faut être entouré ; moi j’ai cette chance-là, d’avoir eu mes parents, ma mère qui n’est plus là malheureusement, mais qui était là nuit et jour pour moi, pour me réapprendre à vivre, et puis mes amis, mes amis qui m’ont vraiment tiré, … tiré vers le haut pour que je renaisse.

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 Transcription faite par Tanguy Bodin-Hullin, psychologue clinicien.

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